#metoo va améliorer les rapports hommes-femmes 2
Défi idée reçue

Idée reçue “#metoo va améliorer les rapports hommes-femmes” 2/2

La suite des aventures de Tom. Pour la première partie cliquez ici.

La pluie commence à tomber à grosses gouttes. Tom accélère encore le pas et attrape son bus de justesse. Heureusement ce n’est pas encore l’heure de pointe donc le bus n’est pas bondé. Tous les passagers sont plus ou moins mouillés par la pluie.

Tom arrive à trouver une place assise et s’installe. En face de lui, une femme parfaitement maquillée, les cheveux bruns noués dans un chignon travaillé regarde le paysage défiler par la fenêtre. Son visage doux avec des lignes délicates est contrasté par un regard bleu-acier.

Elle porte une jupe-ceinture très courte qui laisse deviner la dentelle de ses sous-vêtements. Comme c’est la mode depuis 2 ou 3 ans maintenant. Son chemisier blanc humide est ouvert jusqu’au nombril et colle à ses tétons qui pointent fièrement sous l’effet du froid.

“Quelle belle époque!” se dit Tom. Car de nos jours les femmes peuvent sortir dans la rue et exposer leur féminité sans crainte d’être importunées par un gros lourd. Elles sont fières de pouvoir disposer de leur corps et donc de le montrer sans avoir à rendre de compte à personne. Tous les préjugés sur la sexualité des femmes ont volé en éclats depuis les fameuses lois #metoo.

Certes elles sont contraignantes mais c’est le prix à payer pour une reconnaissance et un respect total de la sexualité féminine.

Tom est rêveur en pensant cela. Il a de l’admiration pour cette femme qui arbore sa féminité. Il regarde une goutte de pluie restée accrochée à ses cheveux tomber sur son cou. Elle coule entre ses seins et finit par mourir doucement dans son nombril.

Il relève les yeux. Le regard bleu-acier de la femme est vissé dans le sien. Il lui sourit.

Lentement, le visage impassible, elle lève le bras et tend le doigt à quelque centimètres du visage de Tom. Puis d’une voix puissante elle scande : “BALANCE…. TON…. PORC!!!!!”

A ce moment, toutes les femmes et tous les hommes lèvent la tête et le pointent du doigt en reprenant sans s’arrêter les paroles de condamnation : “BALANCE TON PORC! BALANCE TON PORC!”. Tout le monde pianote en même temps sur son portable.

Le bus s’arrête précipitamment. Une patrouille #metoo monte et repère tout de suite Tom. Elle arrive à sa hauteur. La femme au regard bleu-acier prend la parole : “Je lance un #balancetonporc pour regard insistant.

– Très bien, répond la patrouille. Veuillez nous suivre monsieur.”

Tom se lève en jetant un regard d’excuse à la femme. Elle regarde déjà de nouveau dehors.

Une heure plus tard Tom, assis dans le Centre du Respect (le nom du bâtiment administratif des #metoo), attend les résultats. La patrouille refait son apparition : “Monsieur, le #balancetonporc initié à votre encontre a été retweeté plus de 500 fois en une heure. Vous êtes donc condamné à passer 6 mois dans un Centre de Rééducation du Respect. Vous n’aurez le droit à aucun contact avec votre femme ou vos enfants. A votre retour vous subirez une période probatoire de un an sous surveillance vidéo constante pour vérifier le bon respect vis-à-vis de votre femme”.

Tom se lève, baisse lentement la tête et se retourne. La patrouille lui passe les menottes.

En partant vers le camion froid qui va l’emmener Tom a une pensée qui tourne en boucle dans son esprit : “Je suis un monstre”.

#metoo un tribunal populaire

Le principe de Me Too ou de Balance Ton Porc est de dénoncer publiquement son agresseur sexuel.

La dénonciation sert alors d’accusation. Et si l’information est suffisamment retweetée la personne visée vivra alors un enfer. Car sa réputation sera publiquement traînée dans la boue. Ca, c’est la condamnation.

Une personne accusée est donc automatiquement condamnée.

Oui c’est bien ça : cela ressemble fortement à un tribunal populaire. Alors vous me direz : “Pas grave si il est coupable il le mérite”.

Le problème c’est que si c’est la morale populaire qui dicte les notions de culpabilité, cela finit par donner un peu n’importe quoi. Je vous invite à lire la première partie de cet article qui parle justement de ce sujet.

Sans parler des innocents accusés (et donc condamnés) à tort.

Je pense que notre système judiciaire, si imparfait soit-il, doit gérer les affaires de violences sexuelles faites aux femmes. Car les dérives vers une inquisition populaire nous donnerait le genre d’histoire que j’ai voulu illustrer dans cet article.

Et si vous trouvez que l’on est très loin d’arriver à une condamnation pour un regard appuyé sur le décolleté d’une femme, je vous invite à lire cette plaquette d’information sur le harcèlement sexiste faite par le gouvernement.

#metoo un mal nécessaire?

Malgré tous ces défauts, ce mouvement a quand même le mérite de mettre en lumière les comportements inacceptables de certains hommes envers les femmes. Il essaye de déplacer le curseur dans le sens d’un plus grand respect des femmes.

Et pour bouger les mentalités de façon significative, on est obligé de défendre les positions extrêmes vers lesquelles on veut tendre.

Je m’explique. Il y a une manière de faire comprendre à tous les hommes qu‘insister lourdement pour obtenir le numéro de téléphone d’une femme c’est complètement inacceptable.

Cette technique c’est qu’il faut faire passer le message extrême qu’un regard est du harcèlement sexiste.

Le revers de la médaille c’est que les hommes les plus intègres vont avoir tendance à le croire.

La séduction c’est cueillir une rose avec doigté sans se faire piquer

Mazouz Hacène

Pour conclure je suis en accord avec l’esprit de #metoo mais complètement en désaccord avec les méthodes. Comme je le disais cela apprend de fausses croyances sur les relations homme-femme. Car l’écrasante majorité des hommes, ceux qui sont déjà très respectueux des femmes, vont avoir tendance à prendre pour vraies les positions les plus extrêmes du #metoo.

#partagetonarticle 😉

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